03.02.2008
Démoustification: Pour/Contre, Pourqui/Pourquoi ?
Samedi 2-février se tenait au Palais des Arts , devant une salle plutôt bien remplie, une conférence sur la démoustification organisée par Bretagne Vivante et la SEPNB. Le documentaire sur les moustiques en Camargue ainsi que le débat étaient très instructifs , même si bien évidemment deux heures sont à peine suffisantes pour effleurer la complexité du problème.
Bien que le débat sur la démoustification soit un sujet extrêmement polémique, le débat est resté très serein. Il faut dire que la très grande majorité de la salle était acquise à la cause de la non-démoustification, et si une forme d'opposition était présente, elle a choisi de ne pas s'exprimer. Je n'ai pas la prétention d'être un expert, mais voici les éléments que j'ai retenu de cette conférence:
- Il n'existe pas de vérité scientifique sur l'impact de la démoustification. La variation naturelle du nombre de moustiques en fonction des conditions climatiques (pluies, vent, chaleur) a un effet tel que seules des études statistiques longues (10 ans et plus) pourraient nous fournir des indications objectives.
- L'impact des moustiques sur la chaine alimentaire est mal connu, s'il est évidemment que certains oiseaux comme les hirondelles, chardonnerets ou chauve souris sont friands de moustiques, il est difficile de savoir si ceci représentent 2% ou 25% de leur alimentation. En tout état de cause aucune étude ne semble en mesure de montrer l'impact d'une démoustification sur la population des oiseaux.
- Les risques liés aux traitements chimiques sont mal maitrisés, bien que certaines zones du pourtours camarguais soient traitées depuis de nombreuses années il est scientifiquement impossible d'en tirer des conclusions qui pourraient nous aider à faire des choix pour le Morbihan.
D'une part les zones carmaguaises en question ont été démoustiquées à cause (ou pour permettre) l'afflux des touristes, avec une densification de l'urbanisation de la bande côtière. Hors si la raréfaction des moustiques peut avoir influencée le nombre des oiseaux grands mangeurs d'insectes comme les chauve souris, il est fort probable que les immeubles de la Grande Motte et les activités associées (lumières, bateau, voitures, déchets, ...)ont un impact au moins aussi grand sur nos mammifères volants. Nous sommes ici devant une équation si complexe que son interprétation tient plus de la spéculation que de la vérité scientifique.
plus de traitement => moins de moustiques => plus de touristes => plus d'immeubles => moins d'oiseaux
D'autre part les produits utilisés ont changé, jusqu'à très récemment les traitements chimiques anti-moustiques n'étaient pas composés de biocide pur mais d'un cocktail de substances actives. La règlementation a changé et aujourd'hui le biocide doit être pur, ce qui annule la quasi-totalité des résultats obtenus précédemment. Hors vues les fluctuations naturelles importantes du nombre de moustique, cumulé aux erreurs induites par le repleuplement des zones traitées à partir des zones non traitées, les analyses d'efficacités n'ont pas l'ampleur suffisante: ni géographiquement, ni dans le temps pour être scientifiquement significatives.
Si l'utilisation de biocides purs aux dosages prescrits semblent s'attaquer efficacement aux uniques larves de moustiques, il reste toutefois quelques risques. Le premier est directement lié à l'homme qui dès que l'efficacité d'un traitement commence à baisser respecte rarement les dosages, hors une augmentation du dosage est suffisante pour impacter d'autres larves. D'autre part tous les éléments résiduels du traitement se retrouvent dans les fonds vaseux, leur concentration ne peut qu'augmenter avec la répétition des traitements, d'où un risque direct sur d'autres espèces. Enfin la biologie est telle que tout traitement génère des organismes résistants, dans le cas des moustiques les mutants résistants semblent plus faibles que les versions originales, d'où l'importance de garder à proximité des colonies non traitées pour s'assurer une élimination régulièrement des mutants résistants.
- Les traitements non chimiques, le moustique ne se reproduit que dans des conditions très précises, il est donc possible de limiter la cause plutôt que de traiter les effets. Pour les zones humides ou une régulation du niveau des eaux est disponible, il est possible d'agir de manière directe sur la reproduction des moustiques en ajustant le niveau des eaux pour limiter leur reproduction. Pour les autres il faut réaliser des travaux de lutte physique sur le terrain (drainage, foulage, nivellement, ...); si ces travaux peuvent dans certains cas avoir un impact positif sur la végétation, ils n'en demeurent pas moins irréversibles. A noter que le traitement non chimique à les mêmes effets que les traitements chimiques sur la chaine alimentaire des oiseaux et autres animaux mangeur de moustiques, la question de "faut il moins de moustiques" reste donc entière.
- Pas de risque sanitaire actuel pour la population, bien que les moustiques présents sur le Morbihan soient capables de transmettre des maladies affectant l'homme comme le paludisme, leur espérance de vie fait qu'ils ne peuvent généralement pas piquer plus d'une personne. De plus comme les maladies qu'ils sont susceptibles de transporter ne sont actuellement pas présentes sur notre territoire, le risque associé reste acceptable. Bien évidemment une importation d'espèces étrangères reste possible; des virus, bactéries, larves, œufs, ... sont régulièrement introduits dans nos régions par le transit des marchandises, des hommes ou des oiseaux, et si une surveillance est nécessaire, le risque sanitaire n'est à ce jour pas à même de justifier la démoustification.
- Le moustique protecteur de notre cadre de vie, c'est probablement l'argument le plus polémique, car nous sortons ici du contexte moustique, pour entrer dans le débat de l'aménagement du territoire et du futur économique de nos régions côtières. Lors de la conférence, il a été dit que le moustique avait probablement fait plus pour la Carmargue que toutes les règlementations sur la loi littorale. On pourrait se poser la même question pour la zone des marais de Séné et de bien d'autres régions de Bretagne. Il suffit de regarder la quantité de tentes sur la camping de Séné pour se rendre compte que les moustiques limitent l'afflux touristique. Ceci dit s'il limite le nombre de campeurs, il est loin d'être évidant qu'ils limitent avec la même efficacité, le nombre de résidences secondaires.
Conclusion: si l'on extrait le coté pationnel du débat pour se concentrer sur l'impact durable de la démoustification sur notre écosystème, j'ai cru comprendre que:
- La démoustification systématique, n'est jamais une bonne chose. Les habitants des zones humides comme les Sinagots ont appris à vivre depuis de nombreuses années avec ces insectes, et si une régulation ponctuelle semble tout à fait acceptable lors des pics de reproductions ou de conditions climatiques exceptionnelles, son utilisation systématique n'est pas souhaitable.
- Le traitement par régulation du niveau des eaux semble être le meilleur compromis, contrairement aux traitements chimiques il n'y a pas d'effets secondaires à long terme. C'est certainement le choix de préférence pour les marais ou comme sur Séné, le niveau des eaux est réglable par l'ouverture/fermeture de digues.
- Le traitement chimique doit être limité et ponctuel, afin de limiter les effets secondaires, les dosages du traitement chimique doivent être scrupuleusement respectés et non répétitifs, ceci pour éviter sa concentration dans la vase ou l'apparition de mutants. C'est donc un traitement à réserver aux piques de reproduction pour les zones non régulables. Il est à noter que pour certaines zones comme "la réserve des marais de Séné" [bon ou mauvais] les traitements chimiques ne sont pas autorisés ce qui évite de perdre du temps à se poser la question.
- Le traitement mécanique, plus qu'un traitement c'est une modification du milieu pour le rendre impropre à la reproduction du moustique. Ces modifications sont non réversibles, et s'il n'est pas forcément mauvais pour l'homme de façonner son paysage, souvent ce type de décisions est pris trop rapidement et sans réelles études d'impact sur le milieu.
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16.01.2008
La partie est officiellement commencée
Notre liste est maintenant officiellement lancée, notre site de campagne www.sene2008.org est ouvert et les noms des participants ont étés publiés par la presse locales (le-télegramme). Les vrais débats vont pouvoir commencer :)
Pour l'instant nous avons publier notre liste, avec les profils des candidats (liste ici) ainsi que le bilan de l'équipe sortante (bilan ici), nous travaillons maintenant à la sortie de notre programme qui est prévu pour début février.
J'étais malheuresement en déplacement aux USA quand le journaliste est passé, aussi je ne suis pas sur la photo. Mais si j'ai raté la tempête de ce weekend, j'en ai pris une autre d'un différent type sur la tête (cf photo). Mais promis/juré, tempête ou pas, je fairais en sorte d'être présent sur la prochaine photo de notres liste SeneEnsemble. En attendant heuresement que la version electronique du Telegramme existe pour suivre ce qui ce passe à la maison. Enfin je rentre dans 24h fini les hamburgers, et retour au pain beure.
22:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Municipales, Séné
04.01.2008
S'allier oui! Mais avec qui? Jusqu'ou ne pas aller ?
Le problème des alliances est toujours cornélien, c'est bien connu nous avons tous une tendance naturelle à trouver les idées des autres moins bonne que les notres. Pourtant l'alliance fait la force, il est donc indispensable de trouver un compromis acceptable qui permette à la fois d'atteindre une taille critique, mais aussi qui soit suffisant stable pour ne pas mettre en danger la capacité à agir dans le respects des convictions profondes des uns et des autres?
22:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Municipales Séné Modem







